En transition

  1.   La transition vers un monde nouveau

Au cours de précédentes réunions, le club a travaillé sur l’état des lieux global de la planète et l’urgence climatique. Il a été mis en évidence la nécessité d’un changement radical de comportement des humains dans un laps de temps très court si on veut éviter la fin de l’humanité. Mais en regard de l’urgence, il apparaît que ce changement de comportement ne sera pas facile à faire accepter et qu’il y a lieu de trouver des solutions qui rendent l’inversion nécessaire des valeurs, supportable et acceptable par la grande majorité des citoyens et des états du monde.

Dans la société actuelle, la course à l’accumulation de richesses et de biens constitue la valeur considérée comme essentielle par les citoyens sans considération des dommages causés à l’environnement. Comment est-il possible de faire rapidement une transition vers une nouvelle société solidaire et écologique, respectueuse des capacités de la planète?. Cette transition constitue effet la condition indispensable à la survie de l’humanité.

  2. Les racines d’« En Transition »

Pour introduire cette réflexion, il a été fait appel à Mickaël Poiroux de l’association En Transition très engagée concrètement dans cette transition. Elle procède en effet à la collecte des expérimentations de solutions alternatives et à la promotion d’actions visant à modifier la perception et le comportement des citoyens face à l’urgence climatique et à les accompagner dans cette démarche. Cette association fait partie d’un vaste réseau mondial d’initiatives dont la finalité consiste à trouver des solutions pour essayer de rompre avec l’usage de toute énergie d’origine fossile qui constitue la principale cause des dérèglements climatiques. 

C’est un professeur d’écologie anglais du nom de Rob Hopkins qui a été à l’origine de la création de ce réseau après avoir fait le constat que les ressources en pétrole de la planète allaient s’épuiser au cours du 21ème siècle et que de toute manière, il fallait laisser 80% des ressources répertoriées là où elles sont pour éviter l’accélération des dégradations climatiques. Installé en Cornouailles anglaises, il a participé à l’élaboration d’un plan visant à réduire la consommation d’énergie à l’échelle d’une ville et impliquant l’ensemble des citoyens, ce qui a constitué une 1ère expérimentation d’une ville en transition. A partir de cet exemple, il s’est créé un effet boule de neige à l’origine du mouvement des villes en transition. Ce mouvement s’est fait beaucoup connaître à partir du sommet alternatif en marge de la COP15 de Copenhague en 2009.

En France, qui jusque-là se faisait plutôt remarquer dans la contestation écologique, l’introduction de la psychologie dans la réflexion (par Sophie Banks auprès de Rob Hopkins), a permis que s’élabore une nouvelle approche dans la manière d’accompagner les changements de comportements des citoyens. Un premier collectif pour une transition citoyenne s’est créé à Cluny en 2013 qui a organisé la création d’une Journée de la Transition avec l’ensemble des acteurs alternatifs, puis la Fête des Possibles où sont présentées l’ensemble des initiatives de solutions alternatives existantes dans tous les domaines. En parallèle, un autre mouvement qui est né au Pays Basque et qui s’est appelé Alternatiba, a eu pour vocation la démonstration de l’efficacité de ces solutions alternatives dans le cadre de la préparation de la COP21 à Paris.

Au niveau local, il s’est également mis en place un collectif qui a permis que s’organise en 2014, une fête de la transition au lycée du Fresnes puis Alternatiloire en 2015 au cours de laquelle ont pu être présentées les expériences menées dans un certain nombre de villes et de villages. Eu égard aux enjeux et à l’urgence de l’action, il n’y a eu aucune difficulté à réunir ces différents collectifs pour les faire travailler ensemble autour de la problématique fondamentale du moment : on sait que c’est la fin d’un monde et qu’un monde nouveau doit se mettre en place si on veut éviter la fin de l’humanité, mais on ne sait pas comment on va passer de l’un à l’autre.

  3) Pourquoi « En Transition »

Pour mener la transition permettant de passer d’un monde à l’autre, les travaux de la psychologie basés sur le deuil, fournissent quelques clefs pour avancer, les deux démarches étant quelque peu comparables. D’un côté il s’agit du deuil à faire sur les habitudes de la vie que l’on menait avec la personne disparue et de repenser sa vie différemment, de l’autre il s’agit du même parcours à faire mais cette fois il s’agit des habitudes de vie se rapportant au monde que l’on doit quitter et où tout est basé sur l’utilisation des énergies fossiles, pour repenser sa vie dans le futur monde nouveau « décarboné ». Plusieurs étapes doivent être franchies : le choc, le déni, la colère, le marchandage des accords… et ce au niveau de chaque personne individuelle et au niveau collectif.

Il y a donc lieu de travailler à ce que l’on doit faire à partir de maintenant avec une alternative à trouver entre deux extrêmes : la fin cataclysmique de l’humanité ou au contraire la poursuite de la dynamique actuelle poussée à son paroxysme en n’excluant pas  l’idée d’évasion sur Mars ou une autre planète… Il est probable que la réalité du monde nouveau à créer se situe entre ces deux extrêmes. Il faut donc travailler collectivement sur un nouvel imaginaire en faisant usage de la tête pour comprendre ce qui se passe, du cœur pour rendre la nouvelle vie intéressante, la main pour se mettre en action.

De ce point de vue, le concept de résilience qui représente la capacité d’un individu ou d’une société à absorber un choc et de continuer à vivre, est très utile. La société doit s’interroger sur les choix écologiques et sociaux qui s’imposent et trouver collectivement des solutions pour résister et pour absorber les changements qui s’imposent.

Pour cela il faut :

  • repartir de la base
  • créer des liens au niveau local
  • travailler sur un avenir qui impose la « décarbonation » de nos modes de vie et de production de biens

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