L’Islam : facteur de violence ou de paix ?

Introduction

Les récents attentats en France et plus largement en Europe ainsi qu’au Moyen-Orient, en Afrique… remettent au cœur du débat la question de la nature même de l’Islam. D’aucuns considèrent en effet que cette religion serait incompatible avec le modèle démocratique français basé sur la laïcité, alors qu’à l’inverse beaucoup de croyants et de pratiquants musulmans n’éprouvent aucune difficulté à s’intégrer dans le vivre-ensemble. Si on considère comme musulmans les 3 ou 4 millions de personnes se disant telles et/ou ayant des origines dans des pays où l’islam est la religion dominante, ils sont très divers par leur provenance, leur statut social, les courants auxquels ils se rattachent, leur degré d’adhésion (de l’intégriste au « musulmans athée »).

Le débat ouvert au sein du club à partir de l’exposé de Cécile Parent sur les origines de cette religion, les éléments essentiels qui en constituent les fondements, les antagonismes doctrinaux qui l’ont traversée depuis la mort du Prophète… n’a pas levé toutes les ambiguïtés.

D’ailleurs, les intellectuels eux-mêmes sont loin d’être d’accord sur les origines de la violence prônée par certaines factions de l’Islam : religieuses pour certains et faisant partie par essence de la doctrine elle-même, sociologiques et historiques pour d’autres, la religion ne servant qu’à procurer un habillage identitaire à ceux qui se radicalisent et rallient le djihadisme… A défaut de pouvoir répondre avec certitude à cette question, peut-être faut-il néanmoins, à l’échelle de notre pays, tenter de comprendre les facteurs qui poussent certains vers le fondamentalisme et la radicalisation, ne serait-ce que pour tenter de conjurer ce qui ressemble aujourd’hui à une montée inexorable de la violence d’origine islamiste. L’enjeu est fondamental car il s’agit en effet d’éviter certains raccourcis qui poussent à l’amalgame et à la montée de l’islamophobie et à des tentations communautaristes qui pourraient porter un coup fatal à notre modèle de vivre ensemble déjà fortement mis à mal par la perte de sens de la société et le repli sur soi de beaucoup de citoyens.

Après un bref rappel de ce que représente le mot « djihad » dans l’Islam et les interprétations diverses qui permettent toutes les dérives, nous avons essayé d’analyser les causes de la montée de la radicalisation en France et à Angers à partir des réflexions menées par Marc Andrault en particulier. Puis, nous avons préconisé quelques propositions de nature à conjurer la tentation djihadiste qui semble se propager dans une partie de la jeunesse.

1)Le djihad

Étymologiquement, la racine du mot « jihad » (ou « djihâd ») en arabe signifie « effort ». Le jihad ou djihad, est un devoir religieux pour les musulmans. En arabe, ce terme, par extension du mot « effort », peut également signifier « lutte » ou « résistance », voire « guerre menée au nom d’un idéal religieux ». Le mot  est employé à plusieurs reprises dans le Coran, souvent dans une expression idiomatique qui peut se traduire par « lutter avec vos biens et vos âmes ». Ainsi, le jihad est souvent défini par l’expression « faites un effort dans le chemin de Dieu ».

Le concept de jihad a varié au cours du temps et, parfois, ses interprétations successives ont été en concurrence. Le jihad est parfois considéré comme le sixième pilier de l’islam par une minorité au sein du sunnisme bien qu’il n’en ait pas le statut officiel. L’islam compte quatre types de jihad : par le cœur, par la langue, par la main et par l’épée. Le jihad par le cœur invite les musulmans à « combattre afin de s’améliorer ou d’améliorer la société ». Le jihad peut aussi être interprété comme une lutte spirituelle, dans le cadre du soufisme par exemple, mais aussi armée. Cette dernière interprétation a pu servir d’argument à différents groupes musulmans à travers l’histoire pour promouvoir des actions contre les « infidèles » ou d’autres groupes musulmans considérés comme opposants et révoltés.

Dans le Dictionnaire du Coran (Laffont 2007), Marie-Thérèse Urvoy traite des notions de guerre et de paix selon la charia. Selon ses investigations : «  Les fondateurs des écoles juridiques ont eu des opinions différentes concernant les relations entre les deux domaines. C’est al-Shâfi’î (767-820) qui, le premier, a exposé la doctrine selon laquelle le djihad doit être une guerre permanente contre les non-croyants et non pas seulement lorsque ceux-ci entrent en conflit avec l’islam. Il se fonde sur ce verset : « Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. ». Lorsque la situation du monde musulman s’est modifiée à partir du IX/Xème siècle, des oulémas ont affirmé que la charia n’obligeait pas à s’acquitter du devoir du jihad, sauf si le domaine de l’islam était menacé par des forces étrangères. Le Hanbalite intransigeant Ibn Taymiyya lui-même a proclamé que les musulmans ne doivent pas imposer l’islam par la force aux non-musulmans, si ceux-ci n’empiètent pas sur le dâr al-islâm. Il faut noter enfin que pour nombre de tendances chiites, le jihad offensif est interdit jusqu’à l’avènement du Mahdi.

Lors de sa conférence, Cécile Parent avait rappelé combien le Coran avait été donné ou créé dans un contexte particulier dans lequel le Prophète était un homme du désert et des caravanes au VIIème siècle, un chef de tribu et un chef de guerre, un chef politique doté d’un harem correspondant à son rang, un chef d’État amené à organiser juridiquement et politiquement une communauté pré-étatique. Pour cette raison, tous les versets du Coran (et encore moins les hadith) ne sont pas à mettre sur le même plan. Beaucoup de versets se réfèrent à un cadre culturel et historique complètement dépassé, celui de l’avènement de l’Islam ; il n’y a pas lieu de les abroger mais de les situer dans leur contexte. D’autant plus que les extrémistes islamistes se servent aujourd’hui de certains versets du Coran et des hadith pour justifier les pires des crimes, en abrogeant les versets les plus ouverts et les plus tolérants au profit des versets les plus guerriers. Sur 6236 versets, 70 versets appellent à la violence, dont 25 à la tuerie; c’est trop de toutes façons ; mais cela représente 1/60ème du Coran.

Cela étant, le doute n’a jamais été totalement levé selon l’obédience de l’Islam à laquelle on se rattache et que cette religion offre la possibilité à ceux qui le souhaitent, de verser dans la violence contre les « infidèles » et de justifier toutes leurs exactions au nom d’Allah.

2)Les causes sociales et économiques de la violence d’origine musulmane en France

  • Le diagnostic sur les difficultés de l’intégration des musulmans en France

Alors que des intellectuels ou des politiques s’accusent réciproquement, y compris au sein de la gauche, d’être dupes ou intolérants, de sacrifier la laïcité ou d’enfoncer une population déjà objet de discriminations, il faut admettre à la fois qu’au plan international l’islam politique est une menace pour les démocraties, qu’en France la plupart des musulmans, y compris chez les plus attachés à leurs croyances, acceptent la démocratie (la visibilité de certains dans l’espace public peut même signifier paradoxalement qu’ils s’y sentent chez eux), que l’intégrisme et le communautarisme se renforcent chez une minorité (50 000). Ceux qui nous intéressent ici sont les quelques centaines (dont quelques dizaines de filles), qui ont réalisé ou préparent des attentats sur le territoire français ou la participation à des guerres destinées à établir un pouvoir islamique.

Les discriminations peuvent expliquer en partie cette violence. Pour une partie de l’opinion, « les musulmans » ne sont pas seulement considérés comme un ensemble à la fois homogène et différent par ses croyances et ses pratiques, ils sont associés par amalgame à toutes les minorités désignées par des mots auxquelles les réminiscences des invasions, de la colonisation ou de la décolonisation, de la marginalisation confèrent une connotation négative : « immigrés » (la plupart ne le sont pas, Manuel Valls en est un), « étrangers » (la grosse majorité est française, pas Cécile de France), « arabes » (beaucoup sont d’une autre origine), banlieusard (le mot convient aux habitants de Neuilly, pas à ceux de Barbès). Plus étrange encore, ils sont parfois désignés par le mot « émigrés », lesté depuis la révolution d’une charge péjorative, alors que les exilés fiscaux sont des « expatriés ». Il ne faut pas exagérer cependant ce phénomène : considérer que le port du voile est « un problème pour vivre en société » n’est pas forcément une marque d’ « islamophobie », et un sondage publié le 4 juin sur le site Atlantico révèle que, parmi les Européens, c’est la population française qui a l’opinion la plus favorable des musulmans (à 76%, devant les Britanniques à 72%), et la manifestation du 11 janvier n’a pas été dirigée contre l’islam.

1-1)La laïcité et l’Islam

Le sentiment, justifié ou non, d’être l’objet de discriminations tient aussi à la législation et aux pratiques politiques. La loi de 1905 et la façon dont elle est appliquée sont beaucoup plus favorables aux catholiques, qu’il s’agisse de la « reconnaissance » symbolique ou du financement de « l’exercice du culte », théoriquement proscrits l’une et l’autre ; le 11 janvier, à la synagogue de Paris, ce sont les juifs que le président et le premier ministre ont semblé privilégier. L’interdiction à l’école des signes religieux « ostensibles », fondée sur la protection de la liberté individuelle contre la pression communautaire (une exigence souvent oubliée de la laïcité), est souvent vue comme celle « du port du voile à l’école publique » et le « blasphème », qui s’exerce contre toutes les croyances, comme une offense à l’égard des musulmans. Ce sentiment ne peut que s’accentuer lorsque certains proposent de prohiber le voile à l’université (où la pression sur la liberté de conscience n’est pas la même), dans toutes les associations recevant de jeunes enfants, aux mères accompagnant les sorties scolaires, ou d’avoir un menu unique dans les cantines, et cela au nom d’une « identité républicaine » qui exclut « l’assistance » ou le « renfermement communautariste », « réclame l’assimilation » (Sarkozy), c’est à dire le renoncement « à une société qui, profondément, n’est pas la nôtre » (Longuet). Dans le même ordre d’idées, « Les Républicains » reprochent aux nouveaux programmes d’histoire la part faite aux « religions venues d’ailleurs » et la  « révulsion si manifeste pour nos racines judéo-chrétiennes ».

image de laïcité
une illustration du concept de laïcité

1-2) Les discriminations sociales

Une bonne partie de la population concernée est en outre victime de discriminations sociales. Il y a (y compris à Angers) l’attribution de l’habitat à partir des origines, ce qui conduit à regrouper des musulmans dans certains quartiers éloignés de la ville et peu accueillants, les discriminations à l’emploi ou au logement, fondées souvent sur des préjugés qui associent à l’islam une apparence ou un prénom. Les plus jeunes considèrent que leurs parents ou grands-parents, qui eux avaient un emploi, se sont laissé exploiter. «  Quand tu es en France, explique la cinéaste Samai Chala, quand on te fait comprendre, matin, midi et soir, que tu n’es pas ici chez toi, que reste-t-il ? Le pays d’origine ? Tu n’y es pas plus chez toi qu’en France. Alors tu t’inventes ou tu te réinventes une identité : tu t’accroches à ce qui te reste, la religion, ta religion ». La situation familiale (père absent ou ayant perdu son autorité, dans le cas de Merah ou des frères Kouachi) peut  entraîner l’incapacité de se plier à des règles. La délinquance de droit commun a parfois précédé la violence religieuse, qui en devient alors une forme plus noble.

Il ne fait en effet aucun doute que les musulmans en général et peut-être plus particulièrement les maghrébins qui représentent la majorité d’entre eux, sont victimes de nombreuses discriminations par rapport au reste de la population : pratique religieuse très difficile par comparaison avec les religions catholique et juive, défaut de reconnaissance culturelle, éducation au rabais dans des quartiers difficiles, accès discriminatoire à l’habitat et à l’emploi (déjà rien que le nom sur un CV peut conduire à un rejet à priori)… Plus que toutes les autres catégories de la population, ils sont donc victimes de l’échec scolaire, du chômage… Beaucoup de jeunes qui décrochent du système scolaire sont dès lors tentés par la délinquance, ce qui peut les conduire vers la prison où certains d’entre eux peuvent être endoctrinés par des imams qui leur font miroiter le salut dans la violence du djihad.

Il existe indiscutablement une difficulté spécifique à l’intégration de la culture musulmane dans notre pays par rapport à celles qui l’ont précédée dans l’histoire de l’immigration. Même brillant et diplômé, la reconnaissance d’un diplômé issu de l’émigration comme citoyen français « normal » ne va pas de soi. Pour ce qui concerne la discrimination à l’embauche, dans notre Région des Pays de la Loire, il est probablement plus productif pour un jeune maghrébin diplômé en quête d’emploi, d’orienter ses recherches vers des régions comme le Mans plutôt que la Vendée pour des raisons qui paraissent évidentes.

1-3) L’école

Concernant le décrochage scolaire, il est difficile d’en connaître les véritables raisons. Pour les 1ères générations d’immigrés maghrébins, l’école était considérée comme la voie qui allait permettre aux enfants de bien s’intégrer dans la société en leur permettant d’accéder à des emplois de bon niveau et d’atteindre un niveau social plus élevé que celui de leurs parents (comme c’était d’ailleurs le cas à la même époque dans beaucoup de familles paysannes). Devant l’échec actuel, il est probable que ce sentiment n’est plus tout à fait le même, sauf peut-être pour les nouveaux arrivants qui ont encore l’espoir d’être intégrés par l’accès à la connaissance et grâce à cela, à l’emploi…

Les discriminations notées ci-dessus et quelquefois de l’incapacité des familles à apporter le soutien à leurs enfants dans le cursus scolaire peuvent conduire au découragement. Mais on sait que globalement l’école de la république tend malheureusement à reproduire les clivages sociaux existants et ne joue plus le rôle d’ascenseur social pour les catégories sociales défavorisées. Ainsi les élites de notre société proviennent à raison de 10% seulement des catégories sociales défavorisées et 80% des catégories sociales les plus élevées.

Cette situation est de nature à donner une image négative de l’école.

1-4) L’attrait du djihadisme

Mais la frustration due à des conditions familiales, sociales, nationales ne doit être exagérée ni comme réalité (les frères Kouachi ont été pris en charge et formés par la République) ni comme élément d’explication (un autre Kouachi l’a récusée pour ses frères et parmi les djihadistes récents certains, notamment des convertis, paraissaient intégrés). Les messages de ceux qui veulent recruter des terroristes et des djihadistes exacerbent une agressivité déjà manifeste ou latente en choisissant dans la doctrine et l’histoire ce qui leur convient : le monde occidental est l’empire du mal, la laïcité une forme d’impiété et la victoire du véritable islam (le leur), qui sera en même temps une revanche sur les humiliations et les échecs subis pendant des siècles et aujourd’hui encore, implique la violence. Ils les rassurent en leur proposant dans la religion une réponse à toutes les questions qu’ils se posent sur l’existence (l’islam dit tout ce qu’il faut faire ou penser).

Ils construisent ainsi leur imaginaire mais mettent également en avant des réalités : le culte de la consommation et l’individualisme de la société occidentale, l’indulgence manifestée par la « communauté internationale » à l’égard d’Israël, qui occupe illégalement une partie de la Cisjordanie et maltraite les habitants de Gaza (même si ces derniers subissent aussi des violences de la part de leurs dirigeants), les répressions successives de l’Iran du shah au président égyptien aujourd’hui, plus généralement une défense sélective des droits de l’homme. Ils jouent également sur des motivations plus substantielles et particulièrement efficaces sur les jeunes ayant des troubles psychologiques : le désir d’ailleurs (ceux qui ne vont pas au Proche-Orient se sont souvent formés en Afghanistan ou au Pakistan), la violence, le sexe (pas seulement au paradis), la fusion dans le groupe, l’instinct de mort parfois retourné contre soi. Avec les différences qu’exige l’adaptation à la « cible » (notamment la mise en scène de la violence), les études de motivation, les méthodes de manipulation et les canaux (notamment Internet) sont empruntés à la diabolique « société de consommation » et justifiés par la nécessité d’y faire contrepoids. Sous l’influence de ces guides, la revendication de la différence par l’apparence, sorte de défi qui accentuait le rejet, tend à être remplacée, y compris en prison, par une plus grande discrétion destinée à endormir la méfiance.

Il est facile alors de mettre en accusation le système scolaire qui n’a pas donné aux intéressés le niveau de connaissances permettant d’avoir un emploi ni l’esprit critique qui permet de résister à la propagande. Cette imputation est en partie fondée, notamment parce que le jeu conjugué de la carte scolaire et des possibilités de la détourner (il faut les connaître et vouloir les utiliser) renforce la ségrégation par l’habitat. Mais la déculturation est souvent antérieure et beaucoup de personnes d’origine musulmane reconnaissent qu’elles doivent à l’école de la République leur situation sociale mais aussi leur capacité de penser par elles-mêmes et de retrouver ainsi un des courants de leur religion.

1-5) Les questions de langage

Le diagnostic ci-dessus insiste sur ce point et démontre combien l’usage des mots peut pervertir le débat et conduire à faire des amalgames dangereux. Ainsi en est-il quand le maire de Nice évoque sans nuances « l’islamo-fascisme » ou la « 5ème colonne » de l’islamisme alors que par ailleurs sa conception de la laïcité le conduit à placer sa bonne ville de Nice sous la protection de la Vierge. A partir de raccourcis et d’amalgames dont le FN et LR sont coutumiers, on jette le discrédit sur des ensembles de populations pour les assimiler à des minorités violentes afin de les discriminer.

« Des religions venues d’ailleurs » pour désigner en particulier l’Islam, est un terme utilisé par la droite pour accréditer une idée fausse. Aucune grande religion n’a pris naissance en France. Par ailleurs, la prise en considération des seules religions judéo-chrétiennes dans notre héritage identitaire conduirait à nier l’importance qu’a pu revêtir dans l’histoire de l’Europe, la grande période où l’Islam a été présente en Andalousie de même qu’en Sicile, en y instaurant à cette époque une civilisation brillante sur le plan de la Science, des Arts et de la Culture, faite par ailleurs de tolérance et d’ouverture, très en avance sur la Chrétienté de l’époque qui était fermée et violente. On peut d’ailleurs supposer que la Renaissance doit beaucoup à l’influence de l’Islam andalou. Nier cet héritage est donc contraire à la vérité historique.

D’une manière plus générale, associer sans nuance dans des appellations de caractère général comme les émigrés, les nouveaux arrivants d’où qu’ils viennent aux enfants d’immigrés de la 2ème ou de la 3ème génération, est une imposture. Cette manière de faire permet de manière subtile d’accréditer l’idée du « grand remplacement » que certains extrémistes mettent en avant pour créer un climat de haine et de racisme contre l’ensemble des musulmans.

Ce qui est nouveau en revanche, c’est l’existence de nouveaux flux incontrôlés vers l’Europe en provenance de l’Afrique, du Moyen-Orient, des Pays de l’Est et d’une manière générale de régions frappées par les guerres, la pauvreté et la famine, les changements climatiques… et devant lesquels on se sent pour l’instant démunis et en manque de solutions. C’est une situation qui apporte évidemment de l’eau au moulin de ceux qui prônent l’« immigration zéro » totalement irréaliste et qui serait d’ailleurs néfaste.

1-6) L’apport positif de l’immigration et l’évolution positive de la population musulmane

Les raccourcis du FN ou de NR expliquant que l’immigration en France conduit à la destruction de nos systèmes de protection sociale et à l’appauvrissement du pays, sont totalement dénués de fondement. Les flux migratoires ont toujours contribué à l’accroissement des richesses de notre pays car les immigrés sont à la fois producteurs de richesses, contributeurs fiscaux et aux systèmes de la solidarité nationale et consommateurs.

Tout récemment, c’est un montpelliérain issu de l’immigration qui a été désigné comme manager de l’année à l’échelle mondiale ; celui-ci a créé une entreprise du BTP qui est aujourd’hui capable de rivaliser avec les plus grandes. De même, la visibilité de citoyens issus de l’immigration est de plus en plus grande dans les CSP les plus élevées : médecins, avocats, enseignants, chercheurs…etc. sans oublier bien sûr le domaine sportif où leur représentation est particulièrement élevée.

Il n’y a plus aujourd’hui aucun domaine qui n’ait été investi avec succès par des citoyens issus de l’immigration et c’est quelque chose qui ne se dit pas assez ! On peut supposer qu’en quelques générations, cette intégration va encore progresser même s’il faut bien entendu apporter d’urgence des correctifs aux discriminations actuelles dont les conséquences sont graves.

A Angers, c’est un chef d’entreprise d’origine maghrébine qui a permis au SCO de retrouver la 1ère division et qui a rendu, peut-être plus que le maire de la cité lui-même, sa fierté à la ville après les dérives d’un président irresponsable!

3) La situation à Angers

3-1) Dans les quartiers sensibles

C’est à Monplaisir qu’il y a le plus d’immigrés d’origine musulmane (maghrébine et plus récemment africaine) donnant une image considérée comme négative du quartier. Et pourtant, la proportion réelle de cette population n’est que de 9%, le reste de la population étant constituée de bons « gaulois ». Il est vrai que cette population regroupée dans certains immeubles et qui a investi la place de l’Europe, est plus visible que d’autres, créant un sentiment d’insécurité dans certaines catégories de la population.

Ci-dessous Le marché de Monplaisir (Photo Ouest-France)

Le collège Jean Lurçat semble à la dérive ; il n’accueille plus que 200 élèves environ alors que sa capacité est de l’ordre de 1000 élèves. La Roseraie vient en second rang quant à la proportion de personnes issues de l’immigration. Lorsqu’on dit qu’il faut remettre des « blancs » dans ces quartiers, c’est donc une proposition qui n’a pas beaucoup de sens…

En revanche, il est à noter depuis le début de l’année 2015, quelques dérives qui s’avèrent inquiétantes et qui pourraient déboucher sur des affrontements graves et des violences incontrôlées :

– On assiste à des regroupements de jeunes de plus en plus visibles (avec certains provenant d’autres quartiers comme le Grand-Pigeon) et qui créent des attroupements y compris devant le poste de police. Ce type de situation pourrait à tout moment déboucher sur des violences à la moindre provocation. Cette réalité est également constatée à Belle-Beille où des jeunes d’une quinzaine d’années se retrouvent toujours dans le même secteur avec y compris quelquefois des armes blanches, avec l’intention affichée d’en découdre avec d’autres bandes en provenance d’autres quartiers. Ce sont eux aussi qui créent du désordre un peu partout et qui provoquent des agressions contre les chauffeurs de bus.

– Il y a aussi bien sûr la drogue mais ce ne sont pas forcément les mêmes. Ce type de «  business » requiert en effet le maximum de discrétion.

– Le « local jeunes » dont nous avions souligné le rôle important au cours d’une précédente réflexion, est également concerné. S’il continue à servir de lieu de brassage et de rencontre, sa fragilité est réelle et il subit comme les autres institutions du quartier, les coups de boutoir de certains jeunes.

– On assiste également à des rivalités de plus en plus évidentes entre maghrébins et noirs.

Les éducateurs de rue ne semblent plus avoir de prise sur ces jeunes décrochés du système scolaire et qui n’ayant plus rien à perdre, cherchent à déstabiliser toutes les institutions du quartier.

3-2) Un diagnostic globalement inquiétant

Le diagnostic global que l’on peut faire est donc plutôt inquiétant. Depuis longtemps déjà, le club n’a pas cessé de souligner la perte générale de sens dans la société française confrontée à une crise du « vivre ensemble ». L’année 2015, avec les évènements du mois de janvier qui ont servi de révélateur et ceux du mois de novembre qui ont encore mis un peu plus en évidence la montée de la violence terroriste en lien avec le fondamentalisme musulman et l’échec de l’intégration dans certains quartiers, pourrait être considérée comme celle du grand basculement. Alors que les enquêtes d’opinion révèlent que pourtant la France reste le pays qui accepte encore le mieux la présence de musulmans sur son sol, on assiste à une dérive des mentalités dans notre pays, dérive qui est attisée par la droite extrême et qui se diffuse lentement mais sûrement dans toutes les couches de la population.

Ce qui s’est passé il y a quelques mois dans un village de la Corse est très révélateur à cet égard : des parents d’élèves qui s’élèvent par des menaces contre des enseignants d’une école primaire qui proposaient qu’au cours de la kermesse de fin d’année, les enfants chantent la chanson Imagine de John Lennon en cinq langues différentes : le français, le corse, l’anglais, l’espagnol et l’arabe !

3-3) Des pistes pour l’action

La question est donc posée de savoir comment il est possible de réagir alors que les grandes institutions de la république ne semblent plus en mesure de jouer leur rôle d’intégrateurs. Au niveau angevin également, on constate que les outils traditionnels semblent être dans l’incapacité d’apporter une réponse satisfaisante.

  • Une question préalable : intégration ou assimilation ?

La guerre au Moyen-Orient a conduit des centaines de milliers de syriens à fuir leur pays avec l’espoir de trouver refuge dans un pays européen. On a pu constater en situation réelle les difficultés que soulèvent l’arrivée massive de populations démunies et aussi malheureusement l’égoïsme des nations européennes pour accueillir dignement ces populations. Dans de telles circonstances, on a pu quelquefois avoir honte quant à la manière dont notre pays, patrie des droits de l’homme et prompt à donner des leçons, avec de surcroît  à sa tête un gouvernement de gauche se réclamant ouvertement des valeurs humanistes universelles, a pu se comporter. Et il est malheureusement probable qu’il ne s’agit-là que d’une situation qui risque d’être modeste comparée à ce qui pourrait advenir demain, si avec les changements climatiques annoncés, des populations en provenance d’Afrique ou d’ailleurs, n’ont d’autre choix que celui de tenter l’aventure vers les pays du Nord.

Il est évidemment prématuré de tenter de répondre à cette question, le pire n’étant pas inéluctable. D’ores et déjà dans le présent, il y a urgence à répondre à une situation qui risque de s’aggraver et de détruire le fragile équilibre du vivre ensemble dans certains quartiers en particulier avec un risque accru de communautarisation et éventuellement de fondamentalisme identitaire conduisant à la violence. Cependant, il y a lieu de répondre à une question préalable sur le niveau d’intégration souhaité des populations qui sont déjà installées sur notre territoire et qui y connaissent certaines discriminations, ou celles qui sont appelées à s’y installer dans l’avenir pour une raison ou pour une autre et quelle que soit leur culture ou leur religion.

Il existe trois formes possibles pour l’accueil de ces’étrangers :

le multiculturalisme où les modes de vie sont importés de manière visible, ce qui crée les conditions pour un communautarisme généralisé

l’intégration qui stipule l’adhésion aux règles du pays d’accueil sans renoncer à sa culture

l’assimilation qui suppose l’adoption inconditionnelle de la culture du pays d’accueil

La tradition de notre pays a toujours été d’opter pour le modèle de l’intégration en nous enrichissant des apports culturels des vagues successives d’immigrés qu’à connue notre pays au cours de son histoire. D’ailleurs la nation française elle-même s’est constituée à partir de l’agrégation de territoires différents avec des langues et des cultures leur donnant une identité propre, ce qui constitue encore aujourd’hui une véritable richesse qui ne nuit pas à l’unité de l’ensemble.

L’assimilation à marche forcée prônée par la droite est donc tout à fait contraire à notre tradition. Le rapport publié par l’Institut Ethique et Politique Montalembert[1], sous la signature de Laurent Benoisey, intitulé « Vers une ville assimilative », est révélateur à cet égard. Cet institut se propose d’agir pour insuffler au cœur de la société des valeurs fondées sur le « droit naturel  » et l’humanisme chrétien dans le cadre socio-économique et politique, au moyen de publications d’études. A partir d’une analyse de la question des banlieues, il y est suggéré une méthode pour l’assimilation des populations issues de l’immigration, récusant toute autre forme pour l’accueil de ces populations et en particulier l’intégration qui leur permettrait de conserver des spécificités culturelles tout en adhérant aux valeurs de la société d’accueil et aux règles de fonctionnement de celle-ci. Ce rapport qui exprime des positions très droitières et proches de celles de « Les Républicains », est souvent d’une grande violence et sans nuance.

Il s’appuie sur un certain nombre de constats où on trouve tous les raccourcis habituels de la droite : l’« intégration » qui n’aboutit qu’à la production de l’exclusion, des fractures communautaires, du ressentiment, une immigration massive et mal maîtrisée, la crise identitaire de la France et enfin une géographie urbaine favorisant la désintégration identitaire.

                Toujours d’après ce rapport, la ville française est aujourd’hui multiculturelle, l’urbanisme et l’architecture de nature « soviétique » qui ont inspiré les formes urbaines n’apportent que laideur, anonymat, individualisme ; les individus peu qualifiés, les chômeurs, les bénéficiaires du RSA, les immigrés… y sont parqués.

L’atomisme social entraîne le communautarisme, ignoré ou non par les idéologues de gauche et les organismes de logement social (sous couvert de bonne foi intégratrice). Il s’en est suivi une « tribalisation » sociale et ethnique s’opposant à l’état de droit ; « territoires perdus de la république » ; la famille, l’école ne jouent plus leur rôle de régulateur social d’où une  « gangstérisation » des comportements.

Cette analyse sans complaisance et certainement excessive dans son expression, constitue cependant un diagnostic qui recèle une part de vérité. La politique inclusive de la ville a entraîné le déracinement culturel, l’exclusion, le chômage et parfois l’islamisme radical… De là à considérer qu’il s’agit du produit de l’humanisme « droit de l’hommiste » dont le résultat ne peut être que la destruction du lien social, il y a un pas à ne pas franchir. Quant à considérer que seule la générosité réelle permettant l’accueil de l’étranger serait à elle seule en mesure de résoudre les problèmes, on peut rêver et évidemment en douter[1]. Quoi qu’il en soit les propositions de cet Institut, qui rejoindraient celle des « LR », si par ailleurs ce parti ne se montrait pas si intransigeant dans ses comportements en matière de mixité sociale en particulier[2], sont radicales et très improbables tant elles relèvent de l’utopie et tant aussi elles sont inaccessibles sur le plan politique, économique et sociologique. On peut les résumer de la manière suivante :

Dispositifs d’assimilation ; la cité à réformer, re-formater, régler les zones de non-droit

Reconfiguration urbaine : destruction massive et reconstruction sur 4 niveaux maximum ; interdiction des paraboles, plan de numérisation des banlieues, plan urbain interactif homme-habitat

Reconfiguration de l’école et de l’environnement éducatif : retour aux fondamentaux[3]; réduction des effectifs ; surveillant disciplinaire dans chaque cours ; stage d’encadrement par l’armée pour les récalcitrants ; établissements de redressement…

Reconfiguration ethnique et sociale : réintroduction de personnes de race blanche dans les quartiers par incitation fiscale ou sociale ; lever les barrières juridiques pour mettre en place des statistiques ethniques

Si tout n’est pas à rejeter en bloc, on voit quand même quelles sont les idées qui inspirent cette panoplie d’outils.

Quelques pistes pour l’action

Pour établir un ensemble de propositions global et cohérent, il y aurait lieu de reprendre tous les secteurs de la vie sociale pour en analyser les blocages et analyser un certain nombre de propositions susceptibles de les lever.

Sans aller jusqu’à imaginer des solutions radicales telles que celles qui sont évoquées ci-dessus et à partir d’une évaluation de la politique de la ville telle qu’elle a été conduite jusqu’à présent avec ses limites, ses réussites et ses échecs, il y a déjà des enseignements à tirer pour la réhabilitation des quartiers. On est certains que s’il n’y a pas la volonté politique de modifier la composition sociologique de ces quartiers en y introduisant une plus grande diversité fonctionnelle et en forçant le rééquilibrage de la mixité sociale jusqu’à un certain point, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Eu égard aux coûts que représente dèjà une réhabilitation lourde comme dans le quartier de la Roseraie et aux obstacles auxquels se heurtent les gestionnaires de l’habitat social dans les quartiers concernés, le défi à surmonter est déjà très lourd.

Quant au travail de terrain au quotidien, on peut déjà ouvrir quelques pistes.

–              Dans la communication

De manière générale, l’ensemble des médias véhiculent en permanence les messages qui contribuent à renforcer dans l’opinion l’idée que l’immigration est en soi négative et qu’elle doit être stoppée. Ces messages sont démultipliés par le biais d’Internet.

Or, on sait au contraire que l’immigration contrôlée constitue un apport positif à notre société dans tous les domaines (démographie, économie, culture…) et qu’elle est encore plus indispensable aujourd’hui dans le cadre de la mondialisation. Il faut donc défendre cette idée, même s’il faut en effet apporter un bémol face à ce qui se passe actuellement avec l’arrivée massive et difficile à contrôler d’immigrants en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient, l’exemple allemand étant très révélateur des risques encourus.

De même, il est extrêmement important de souligner combien l’immense majorité des musulmans en France exprime le souhait de s’intégrer dans notre modèle républicain et que beaucoup y parviennent très bien comme on l’a souligné ci-dessus. Tous les français musulmans issus de l’immigration ne sont pas des chômeurs, des trafiquants de drogue ni des djihadistes en puissance et il faut l’affirmer haut et fort pour faire contrepoids au discours dominant. A cet égard, il est essentiel de faire en sorte que la lecture du Coran et la pratique de l’Islam dans notre pays soient compatibles avec la laïcité qui constitue le ciment de la société et que ce ne soit pas des imams salafistes, wahhabites ou autres, formés ailleurs et étrangers à notre culture, qui dispensent l’enseignement du message de l’Islam dans les mosquées ou les écoles coraniques ; d’où l’importance de la création d’un corps d’imams recrutés et formés dans notre pays pour élaborer et diffuser un « Islam de France » en adéquation avec notre contexte culturel et social.

–              Le travail municipal et associatif

Notre club ne peut évidemment pas dicter à la municipalité la manière dont elle doit s’y prendre pour s’attaquer à l’ensemble des problèmes évoqués ci-dessus. Pour l’instant sa priorité a consisté à installer des caméras pour prévenir l’insécurité dans certains points de la ville, ce qui est bien dans la ligne défendue par les partis de droite.

Ses propositions d’organisation de la concertation dans les quartiers sont en train d’être mises en place mais il n’est pas certain qu’elle corresponde aux nouveaux besoins nés d’une situation nouvelle préoccupante et qui requiert vraisemblablement des réponses appropriées. Quoi qu’il en soit, dans ce domaine spécifique, la question centrale est de voir de quelle manière l’ensemble des acteurs concernés par les projets de quartier pourront être amenés à travailler ensemble au lieu d’agir chacun dans sa sphère…

On pourrait déjà suggérer l’existence d’un élu qui aurait en charge la médiation et le dialogue avec les jeunes livrés à eux-mêmes et plus largement la prise en charge du problème spécifique posés par le dialogue avec les musulmans dans les quartiers. Une telle visibilité serait de nature à réduire des situations de crise et à favoriser la recherche permanente de solutions pour tenter de surmonter les difficultés du terrain.

 

Peut-être faut-il aussi réactiver le Conseil des Etrangers qui existait sous la municipalité précédente et qui pourrait peut-être jouer un rôle important dans la situation actuelle. Quoi qu’il en soit, l’acceptation du vote des étrangers pour les municipales constituerait un message fort et positif pour la reconnaissance des populations issues de l’immigration.

Le parrainage de jeunes via certaines associations, l’aide aux devoirs, l’Ecole des Parents… il existe de multiples canaux pour mobiliser des citoyens volontaires pour apporter du soutien aux jeunes en particulier.

                Conclusion

                Il serait prétentieux de notre part de considérer que notre modeste travail de réflexion sur un thème aussi sensible que celui de la montée de la violence islamiste dans les quartiers, est exhaustif. Nous savons en effet que les experts et sociologues divers qui se penchent sur la question expriment des avis souvent divergents sur le diagnostic lui-même et forcément sur les solutions qui pourraient améliorer la situation à défaut de rétablir durablement l’harmonie dans nos quartiers.

                La résolution des problèmes posés par la montée du fondamentalisme islamiste dans certaines régions du monde en lien par ailleurs avec la déliquescence de notre système social miné par le chômage et les inégalités sociales, est en effet d’une complexité telle que personne ne peut prétendre être en mesure d’apporter « la » solution.

Il ne nous reste donc à notre échelle, qu’à lutter encore et toujours contre les « vieux démons » qui resurgissent encore et toujours (antisémitisme, racisme sous la forme de l’islamophobie…) et le fondamentalisme sous toutes ses formes.

Nous devons aussi créer les conditions qui sont nécessaires pour une véritable intégration de tous ceux qui ont choisi notre pays pour y vivre. En parallèle, il faut lutter inlassablement pour le maintien du bien le plus précieux dont nous avons bénéficié sans discontinuer depuis 70 ans : le vivre ensemble au sein d’une société de liberté et de démocratie, dotée d’un système de solidarité qui permet à chaque citoyen de ce pays et quels que soient son origine et son statut social, d’être reconnu et respecté.

[1] On peut à ce sujet se référer à la réaction des habitants du XVIème arrondissement de Paris, lorsqu’il a été question d’implanter près de chez eux en bordure du bois de Boulogne, un centre d’hébergement pour SDF. Dans cette situation, même la référence à l’humanisme chrétien auquel se réfère Montalembert et bon nombre des opposants, n’a pas suffi à convaincre ces riverains bien nantis !
[2] Les élus de ce parti qui dirigent certaines villes ou qui représentent des quartiers riches de Paris, sont les premiers à s’opposer à la construction de logements sociaux sur leurs territoires et sont des fervents partisans d’une autre forme de communautarisme consistant à ne pas mélanger les riches avec les pauvres.
[3] Retour aux bonnes vieilles méthodes en vigueur dans l’entre-deux-guerres. Dans cette panoplie, il ne manque plus que le bon vieux martinet !

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